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Chronique d’un génocide annoncé

Written by on 15 décembre 2022

Depuis plus de trois jours, les militaires et les forces spéciales azerbaïdjanais – se présentant comme des militants écologiques – bloquent la seule route reliant l’Artsakh à l’Arménie : le couloir de Latchin.

L’Azerbaïdjan bloque cette route, le couloir de Latchin, et coupe l’Artsakh de l’Arménie. Le prélude à une grave crise humanitaire aux dimensions historiques est en train d’émerger.

Les 120.000 habitants de l’Artsakh sont totalement piégés pour la quatrième journée consécutive. Ils sont privés de l’acheminement des denrées alimentaires, médicales, et autres besoins vitaux approvisionnés exclusivement par le biais du couloir de Latchin. Un autre millier d’Arméniens reste bloqués sur la route même, incapables de retourner chez eux – parmi lesquels des vieillards et près de 270 enfants. D’autres encore sont bloqués indéfiniment à Goris et dans ses environs.

Dans un silence alarmant, l’Azerbaïdjan a coupé l’acheminement du gaz de l’Arménie vers l’Artsakh, aliénant une population déjà isolée et dont les approvisionnements diminuent à vue d’oeil, une population qui doit désormais se battre pour survivre sans chauffage dans des conditions hivernales avoisinant des températures proches de zéro degré. Les hôpitaux, les écoles et les services sociaux sont incapables de fonctionner correctement ; les perspectives deviennent sinistrement sombres. Une catastrophe humanitaire est en train d’avoir lieu devant nos yeux – une catastrophe macabre orchestrée contre les Arméniens de l’Artsakh.

Les événements de ces derniers jours présentent toutes les caractéristiques d’un nettoyage ethnique ; une série d’étapes sciemment orchestrées ; l’une après l’autre. Autrement dit ; le

s bases d’un génocide à l’encontre de la population arménienne d’Artsakh sont posées.

C’est une politique que l’Azerbaïdjan poursuit sas relâche, comme en témoignent les pogroms et massacres d’Arméniens par l’Azerbaïdjan à Bakou, à Sumgait, à Kirovabad et en d’autres villes. Étonnamment, cela rappelle la tristement célèbre «Opération Ring», au printemps 1991, lorsque l’Azerbaïdjan tentait d’encercler, puis d’étrangler la population de l’Artsakh dans le but de l’exterminer.

La menace imminente d’un génocide pèse à nouveau lourdement sur la population arménienne désormais isolée et encerclée.

Une nation est délibérément coupée du reste du monde. Un peuple vacille face à l’abîme. Une nation, qu’elle veuille ou non affronter cette réalité, est au bord du gouffre.